Petite histoire du métier

Jusqu'au milieu du XVIII° siècle, ce sont les grands peintres du roi qui interviennent sur les œuvres endommagées ; ensuite apparaissent les professionnels qui se spécialisent en nettoyeurs retoucheurs, rentoileurs, restaurateurs de peintures sur bois.

Ainsi, la biographie du grand portraitiste Nicolas de Largillierre nous apprend-t-elle ceci : « Pierre Lely, premier peintre de Charles II roi d'Angleterre, lui fit accueil (Largillierre arrive en 1675 en Grande Bretagne), et le fit employer, par le surintendant des bâtiments du roi, à raccommoder plusieurs tableaux de grands maîtres, et à en agrandir d'autres pour placer dans les appartements du château de Windsor. Le roi en paru très content, surtout d'un amour endormi placé sur une cheminée, dont le jeune homme avait entièrement repeint les jambes endommagées par le temps. Ce prince demanda à voir celui qui les avait rétablies avec tant d'art. » C'est le début d'une grande carrière à la cour…

Le décret de la Convention du 27 juillet 1793 crée le Muséum central des arts…c'est l'acte de naissance du Musée du Louvre.

A la révolution française, les biens confisqués au roi et à l'Eglise sont réunis et redistribués : ils doivent servir à l'édification et à l'instruction des citoyens ; à cet effet, on crée des écoles de Beaux-arts et des musées provinciaux.

Le mari de la célèbre portraitiste Elisabeth Vigée-Lebrun, Jean-Baptiste Pierre Lebrun est critique d'art et marchand de tableaux. Il est chargé de diagnostiquer les œuvres : c'est le premier commissaire expert de l'histoire qui réceptionne les œuvres et rédige des constats d'état. Il va établir une hiérarchie parmi les mesures de restauration usuelles et fixer un tarif, puis il va recruter des restaurateurs et ouvrir une école de formation en 1798.

Au début du XIX° siècle, Napoléon Bonaparte apporte à la France un butin de guerre très précieux : des œuvres provenant d'Egypte, de Belgique, de Hollande, d'Allemagne et d'Italie qui arrivent en grand nombre et qui nécessitent une gestion rigoureuse. C'est le Baron Vivant Denon qui est chargé d'organiser le musée Napoléon : c'est à lui que nous devons l'actuelle configuration du musée du Louvre en un parcours pédagogique permettant d'observer une chronologie et une répartition des œuvres selon leur provenance et les différentes écoles de peinture.

En 1849, Ledru-Rollin nomme le peintre Philippe Jeannon, nouveau directeur du Louvre : celui-ci va redéfinir une politique d'exposition, de conservation et de restauration du musée ; il prévoit un concours pour la formation des restaurateurs, qu'il fait suivre par une formation importante (mais le statut des restaurateurs n'est toujours pas défini).

Il impose un entretien des collections et une restauration du Louvre :

1849-1851 : Grande campagne de restauration de la galerie d'Apollon par Félix Duban, l'architecte de Napoléon III, qui emploie les peintres Guichard et Muller pour restaurer les peintures et achever le décor du plafond.

Au XIX° siècle, c'est la catastrophe : on veut tout nettoyer, tout restaurer et on repeint jusqu'aux sarcophages égyptiens avec des matériaux inappropriés, voire très nocifs. Les répercussions de ce « bienveillant » vandalisme se retrouvent encore aujourd'hui et constituent un problème parfois plus lourd de conséquences que les altérations classiques des tableaux.

1882 : création de l'Ecole du Louvre

En 1931, la Charte d'Athènes constitue le premier texte à caractère international relatif à la restauration. En France et en Italie, d'autres textes avaient été déjà publiés.

En 1934, Henri Verne alors conservateur du Louvre, fait ouvrir quarante nouvelles salles d'exposition et installe les premiers ateliers de restauration du musée.

Ce n'est qu'à partir de 1939 que les musées mettent en place une nouvelle équipe de restaurateurs qualifiés et il faut attendre 1966 pour que Germain Bazin crée le Service de Restauration des peintures au Musée du Louvre. Au même moment en Italie, Cesare Brandi – qui a fondé L'institut Central de Restauration à Rome en 1939- rédige ses principes de restauration en faisant clairement apparaître les fondements de la restauration moderne basés sur la réversibilité des interventions.

En 1985, la petite écurie du Roy à Versailles accueille le Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France (C2RMF). Cent soixante personnes y travaillent de façon permanente et 150 à 200 restaurateurs libéraux y assurent les travaux de restauration supplémentaires.

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