• Caroline STIL, Diplômée de l'Ecole du Louvre
galerie
religieux

Vierge florentine du XV/XVIème siècle

Description

Huile sur bois La Vierge à l’enfant avec les petits Jean-Baptiste et Jésus
Auteur anonyme (attribution au dos récente à Fra Bartolomeo)
Ecole Florentine Entre 1480 et 1520
58X44 cm en l’état actuel
Examinée le 20 avril 2005

Historique

L’œuvre est attribuée à Fra Bartolomeo (1472-1517), florentin devenu frère du couvent de Saint-Marc ayant travaillé à Florence, Venise, puis à Rome. Connu surtout pour ses monumentales Saintes Conversations. Cette œuvre s’inscrit dans l’articulation entre la première et la seconde renaissance : elle présente les recherches de lumière et de volume de Piero della Francesca (1416-1492), la douceur des Vierge à l’enfant de Filippo Lippi et s’inspire de la palette de Fra Angelico et de Domenico Veneziano (Pala de Magnoli 1445/47,Offices, Florence) : aspect cristallin des chairs, tons parme, mauve, bleu pâle, vert olive et rouge rosé de la tunique du Baptiste ; tout en annonçant clairement l’influence de Raphaël (le visage de Jean-Baptiste est très intéressant à cet égard.) Enfin, le modèle de référence de l’artiste est de toute évidence la Madone Bridgewater de Léonard de Vinci (Galerie Nationale d’Edimbourg) qui s’était inspiré lui-même de la pose contorsionnée de l’enfant du Tondo Doni de Michel-Ange. Il est difficile de déterminer la personnalité de cet artiste au vu de cette position charnière entre deux époques très marquées. L’œuvre conserve des réminiscences des primitifs par sa simplicité qui évoque certaines icônes mais possède déjà la grâce des grands artistes de la deuxième renaissance… Par sa composition simple et frontale et par le traitement pur du sujet, cette œuvre est un exemple intéressant des peintures de dévotion privées réalisées par les ateliers florentins du Quattrocento.

Constat d’état

*Support :

Le revers révèle par deux creux transversaux l’ancienne présence de traverses en bois. Le support a pris une légère forme de tuile en vieillissant. Il est atteint par des traces d’attaques d’insectes xylophages qui ont formé des lacunes dans le bois allant jusqu’à six millimètres de diamètre. Au dos, on note des zones dégradées par des galeries de vrillettes, principalement sur les bords du panneau et vers les angles, ce qui a du créer une fragilisation de ces parties entraînant leur rupture. Une intervention antérieure de restauration a consisté à remplacer trois angles manquants par des pièces de bois adaptées, seul subsiste l’angle original en bas à gauche. Suite à cette intervention, il a reçu sur les deux côtés des clous visant sans doute à son insertion dans un cadre. Ils sont obsolètes et dangereux en l’absence de ce dernier. Outre le numéro d’inventaire, il porte la référence E 23 et l’attribution manuscrite à la pierre noire Fra Bartolomeo (XIX° ou XX° siècle).On remarque des traces d’enduit couleur Sienne brûlée.

*Cohésion support/ couche picturale :

Les attaques d’insectes xylophages ont provoqué une multitude de petites lacunes sur la face peinte du panneau. Les jeux du bois dus aux variations climatiques ont entraîné des craquelures d’âge très prononcées parallèlement et perpendiculairement au fil du bois (une craquelure d’âge traverse verticalement le corps de la Vierge en son milieu). Elles sont accompagnées de micro craquelures fortement concentrées sur le visage du petit Jean-Baptiste, celui de la Vierge et les jambes du petit Jésus. Il en résulte des zones de lacunes de la couche picturale. Le panneau porte des traces de griffures (visage de JB, et une griffe de douze centimètres qui se termine sur l’arrête du nez de la Vierge) et de coups ayant entraîné des enfoncements à la fois du support et de la couche picturale ; la marque la plus visible se situant sur le visage de Jésus (petits enfoncements sur son coude et sa hanche), également sur douze centimètres, sur le cou de la Vierge (sept centimètres de long sur un centimètre de largeur) et sur son genou.

*La couche picturale :

Le vernis se présente sous une forme jaune tirant fortement sur le verdâtre. De toute évidence, l’œuvre a déjà été allégée de son vernis original depuis longtemps. Il reste une « velatura » sur les rideaux. Des sondages dans l’allègement du vernis permettent de distinguer une gamme chromatique très douce et un dessin préparatoire gris bleuté. Une intervention de restauration antérieure se remarque dans la présence de mastics blancs et d’épais repeints polluants à l’huile dans toutes les zones d’enfoncement déjà évoquées (excepté l’enfoncement du visage du Christ qui semble plus récent)

Intervention

* Support :

Retrait des clous latéraux. Traitement intégral contre les insectes xylophages. Comblement des lacunes dus au vrilles par de la pâte à bois côté face. Pose d’un mastic souple dans les zones de profondes craquelures et d’enfoncements, dans les trous d’envols et sur les griffures, sur les parties rapportées.

*Couche picturale :

Allègement du vernis et retrait des repeints polluants à l’huile. Pose d’un vernis à retoucher. Retouches réversibles au Restauro Maiemeri. Vernis final satiné.

*Dossier d’intervention

Cet article a été publié dans galerie, religieux. Bookmarker le permalien. Les commentaires et les trackbacks sont fermés.