• Caroline STIL, Diplômée de l'Ecole du Louvre
Evénements

2007

Automne 2007

Eglise de Vinzelles (71)
Restauration d’une œuvre non classée aux Monuments Historiques,
Adoration des rois mages
, anonyme flamand, huile sur bois.
Redécouverte de la date inscrite sous les pieds de la Vierge…1573

Sept 2007

Journées du Patrimoine à la Mairie de Mâcon.
Présentation du travail de restauration du tableau de Claude Honoré Hugrel (Mâcon 1880-1944) Le Crépuscule Mâconnais 1918 (2,50 X1,65 m), don de M Driffort à la Ville.

Entre l'avant-après, on peut observer les lucarnes de sondage du nettoyage qui a consisté en un retrait de la couche de suie, puis du vernis ancien couleur miel

L’œuvre est installée dans l’escalier d’honneur de la mairie, ancien hôtel particulier d’un amateur de musique du 18° siècle.

Elle a été restaurée par mes soins à l’Atelier du Regard en 2005, puis elle est devenue visible par tous gratuitement, selon le souhait formulé par M Jack Driffort lors de son don à la Ville. Par un hasard incroyable, c’est à ce moment que j’ai eu l’honneur de recevoir monsieur Gérard de Gaudemar, restaurateur estimé de Mâcon, accompagné de son ami Pierre Hugrel, un des petits-fils du peintre… Ils ignoraient totalement que cette toile était dans mon atelier. Tous deux m’ont permis de découvrir pas à pas la vie artistique et familiale de ce grand artiste à travers des documents passionnants et émouvants.

Ce tableau a été peint en 1918: retour au pays après la guerre. Hugrel se représente à travers ce paysage : à gauche, Saint Laurent, la Bresse d’où vient sa mère ; au centre, le fleuve où pêche son père et à droite, Mâcon, les années de jeunesse, le premier atelier…il nous offre ce crépuscule à l’image de son apaisement à retrouver « le pays »…

Claude Honoré Hugrel aurait sans doute apprécié de savoir qu’une de ses toiles honore le grand escalier de la mairie de sa ville natale. Stylistiquement proche de son aîné Jean Laronze, il poussa la palette avec beaucoup d’audace et su exploiter pleinement les nouveaux pigments mis à disposition par l’industrie. à l’aube du XX° siècle. Il fut très apprécié de son vivant par les mâconnais et par les critiques d’art. Il était médaillé du Salon de Lyon et connu du grand public pour ses paysans au labour ou ses vues du Mâconnais et des abords de la Bresse. Des écrits locaux (discours de réception à l’Académie) attestent de son caractère humble, cultivé et non dépourvu d’humour. Il a beaucoup œuvré pour le Musée des Ursulines dont il fut le conservateur en chef. Il commença modestement sa carrière en peignant des fonds de photo, des décors de théâtre et fit évoluer son style post-impressionniste puissant vers des recherches techniques d’une grande variété et quelques fois d’une grande modernité. S’il n’est pas encore inscrit aux panthéon des grands peintres français, il ne saurait tarder de l’être…

Merci à M Claude Vigoureux, directeur de la culture, qui confié l’œuvre à l’Atelier du Regard.

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